Si tu as lu mon article précédent (sinon c'est ) tu sais que Chaton et moi on a appris que le coeur de notre bébé ne battait plus depuis 15 jours déjà au moment de l'échographie du 1er Trimestre.  Nous sommes rentrés chez nous effondrés et avec une décision à prendre pour le lendemain. Avortement médicamenteux à la maison ou curetage à l'hôpital ? 

Dès que le gynécologue nous as exposé nos choix, j'ai su que je voulais faire ça à l'hôpital. J'ai tellement entendu/lu d'histoires sordides d'avortement et de fausse couche à domicile que je m'imaginais déjà me vider mon sang dans mes toilettes en me tordant de douleur sous les yeux d'un Chaton impuissant. D'un autre côté, l'anesthésie générale me faisait peur et il était hors de question que je sois réveillée pendant toute l'opération. J'ai eu toute la journée du mardi pour me décider, j'avais rendez-vous avec le gynécologue le mercredi, une fois le choc passé, pour en rediscuter. Et pendant toute cette journée, j'ai retourné les statistiques dans ma tête, pourquoi moi ?

Et puis on commence à annoncer la mauvaise nouvelle à nos proches et les langues se délient. Ma belle-soeur qui a perdu deux enfants, ma cousine un enfant, notre amie actuellement enceinte de son deuxième qui a perdu un enfant avant son premier. Finalement, ça n'arrive pas qu'à moi, ça arrive aussi aux autres mais  personne n'en parle, avant. Moi j'ai envie d'hurler ma perte à la terre entière, de crier à l'injustice, pourquoi est-ce que je devrais garder ma peine pour moi ? Non, moi je ne garderais pas ma perte tel un secret, je ne veux pas oublier, je ne veux pas que les gens oublient qu'il y a eu un enfant et ma prochaine grossesse sera ma deuxième non ma première.

Donc je suis retournée à l'hôpital, j'ai pleuré toute l'après midi, pendant mon rendez-vous avec le gynécoloque, l'entretien avec l'anethésiste, la prise de sang. J'ai réussi à expliquer à chaque fois entre deux sanglots pourquoi j'étais là quand on ne m'accueillait pas avec "c'est pour le curetage ?". J'y ai croisé un autre couple qui venait de recevoir la même nouvelle que nous la veille, j'y ai vu cette même peine, j'ai eu envie de leur dire "Je sais", mais comment réconforter alors qu'on est soi-même inconsolable ?

Et je suis rentrée à la maison retrouver Chaton pour lui annoncer que c'était pour le lendemain. Une longue journée nous attendait.