Le gynécologue nous a annoncé que le coeur du bébé ne battait plus le mardi 4 octobre au matin. D'instinct Chaton lui a dit qu'il fallait me mettre en arrêt, que je ne serais pas en état de travailler, c'est donc grâce à lui que j'ai pu rester à la maison jusqu'au mercredi 12 octobre. Au début, j'ai trouvé que ça faisait long, mais finalement je ne me suis sentie capable de retourner travailler que le mardi, en théorie...

En pratique, je suis restée confiante jusqu'à ce que j'aperçoive la boîte et avant que la voiture ne rentre sur le parking du siège, je pleurais déjà. J'ai eu beau essayer de reprendre contenance je n'y suis pas parvenue alors je suis sortie comme ça et j'ai démarré ma tournée des bonjours dans cet état. A chaque fois qu'on m'a demandé "ça va ?" j'ai haussé les épaules en me remettant à pleurer.

Ce qu'il faut savoir, c'est que seuls mes responsables étaient au courant de ma grossesse, ils connaissaient donc la raison de mon arrêt. Quelques collègues se doutaient un peu que j'étais enceinte et quand je ne suis plus venue travailler ils ont su que quelque chose s'était passée. Alors sur l'heure de midi, je leur ai expliqué la raison de mon absence, j'en ai fait pleurer deux et avant de partir, l'une d'elles , dont je savais qu'elle était passée par là, est venue me parler.

Contrairement aux autres , elle ne m'a pas dit "ça ira mieux", "la nature est bien faite" ou "tu en auras un autre" mais "c'est dur, je sais ce que c'est, j'en ai perdu deux" tout en serrant sa main dans la mienne.

Reprendre le boulot, ça a été une étape difficile. Ça m'a donné l'impression que tout devait être fini, que l'on m'imposait en quelque sorte de passer à autre chose. Pour le moment je me prépare toujours à l'arrivée d'un bébé dans nos vies, même si je sais, que ce ne sera pas celui-là.