Lundi 25 Septembre 2017, soit 2 jours après ma date de terme prévue et le lendemain de mon décollement de membranes, je recommence à ressentir des contractions. Il est 14h et je ne me dis pas encore que le travail démarre puisqu'après tout, la veille, j'ai contracté de 15h à 23h. Mais quand même, j'ai de fortes présomptions sur la perte de mon buchon muqueux.

Vers 20h mes contractions sont régulières et à 22h30 espacées de 5 minutes. Je préviens Chaton, pas la peine de se coucher, c'est le moment. Je préfère restée un peu à la maison sur mon ballon et nous n'arrivons à la maternité qu'à 1h du matin.

Là bas, déception,  je ne suis qu'à 2 doigts, je me réconforte en me disant "allez à un doigt par heure à 10h elle sera là", c'est beau l'espoir...

Nous sommes 5 femmes à accoucher cette nuit, les sage-femmes sont débordées alors on est un peu laissé à l'abandon, le monitoring d'une demi heure dure 1 heure (et encore parce qu'on a appelé pour qu'on vienne me débrancher) et je suis basculée en salle de pré-travail.

A 5 h je demande à être examinée à nouveau (on a vu personne entre temps), j'ai mal mais j'ai encore de l'espoir. Verdict : 2 doigts large (grosse déception)  la sage femme m'indique quand même que le col est presque effacé totalement, le gros du boulot serait fait (mouai..)

Je prends mon mal en patience, je tente tout pour éviter la péridural, ballon, relaxation, suspension, douche chaude, gaz hilarant, le temps passe j'ai atteint ma douleur limite, je perds pieds, il est 11h30. Je redemande à être examinée, je ne suis qu'à 4 doigts.

Je m'effondre, Chaton et la sage femme me conseillent de la prendre la péridural, ce n'est pas un échec, j'ai bien travaillé, j'ai enduré mais le travail est long, elle me conseille de me laisser aller, je me relâche, je pleure, je hurle tellement la douleur est insoutenable, je suis complètement déconnectée de la réalité, je perds limite connaissance par moment. J'accepte d'un hochement de tête, on me bascule en salle de travail, on me prépare, je ne me rends plus compte de rien.

A 12h la péridurale est posée, je suis accrochée à la blouse de la sage-femme et l'assistant anesthésiste me répète à chaque contaction que cette fois ci c'est la dernière (4 fois). Forcément après ça va mieux. Vers 13h, je perds les eaux (enfin...) mais voilà je n'ai plus de contractions, on me perfuse de l'ocytocine, ça redémarre mais ça n'avance pas vite, on augmente la dose. On m'ausculte, ma fille n'est pas dans le bon sens, elle sort en position postérieur (d'où les douleurs insoutenables, on appelle ça accoucher par les reins, la sage femme tente une manipulation, elle se place en bonne position.

A 15h00 on m'examine, je suis à 5 (je ne regrette plus d'avoir pris la péridurale) mais surprise, ma fille s'en encore remise en position postérieure, nouvelle manipulation, elle se replace correctement (non mais !).

Il est 17h, on me réexamine, je suis à 7, on voit le bout, mais la péridurale commence à ne plus fonctionner du côté gauche. On me change de position, on me refait une injection qui ne fonctionne pas, puis une autre, jackpot ça marche !

A 17h45 c'est bon, le col est prêt, on s'installe, je dois poussée sauf que je ne sens strictement rien... pas facile de pousser vers le bas quand on est paralysée du ventre aux pieds. Le coeur de patate ralentit à chaque poussée, le travail a été long pour elle aussi. Après une demi heure de poussée, le gynécologue arrive, c'est le protocole. Il décide une extraction par ventouse !

Je me braque, j'attends qu'il me dise qu'il va devoir me faire une épisiotomie, mais non, il ne dit rien. Au final je termine avec une déchirure et trois beaux points de sutures (on y reviendra dans un futur article...).

18h34, notre petite fille Charlie est posée sur ma poitrine, elle est parfaite ! <3