Nous avons démarré les essais bébé en même temps qu'un autre couple de notre entourage et ainsi nous avons imaginés tous les quatre combien ce serait sympa que nos enfants grandissent ensemble. Du coup, quand je suis tombée enceinte, j'ai eu peur qu'ils ne suivent pas et je me suis sentie coupable d'obtenir si rapidement ce que l'on attendait tous.

Finalement, nous avons perdu notre bébé à 3 mois de grossesse et j'ai pensé "Et si ils devenaient parents avant moi ?". Après tout elle pouvait déjà être enceinte. Curieusement, j'ai développé une forme de jalousie irrationnelle envers eux alors que rien n'avait été annoncé. Dans ma tête je me disais "arrête de les envier comme ça, si jamais ils attendent effectivement un enfant, ils ne sont, en revanche, pour rien dans la perte de notre bébé, ils se sentent mal pour nous". Fort heureusement, passés les premiers jours, ce sentiment m'a quitté et moins d'une semaine plus tard, nous leur rendions visite.

A notre arrivée, ils nous ont tout de suite annoncé qu'ils attendaient un heureux évênement, et passé l'élément de surprise, j'en ai été heureuse. Je l'ai été parce qu'ils le méritent et que c'est ce que l'on avait souhaité tous les quatre. J'avais espoir de retomber enceinte dans les mois suivant et nous aurions partagés ces moments ensemble. Et puis j'ai ressenti de la peur, et si ils leur arrivaient la même chose qu'à nous ? J'ai senti que je n'étais pas la seule à partager ce sentiment et la culpabilité est arrivée.

Dès le début de la discussion, j'ai compris que ce qui nous étaient arrivés avait affecté la façon dont ils appréhendaient les mois à venir. Il restait enthousiaste mais elle avait placé une barrière entre elle et cette grossesse. Elle se refusait à imaginer qu'elle portait un enfant tant qu'elle n'en avait pas eu confirmation à l'échographie de datation, ce que je peux comprendre.

Alors j'ai attendu avec eux cette première échographie, comme si c'était la mienne, j'ai regardé l'heure le jour J, en espérant avoir des nouvelles. Et lorsqu'elle m'a demandé si elle pouvait appeler j'ai su. J'ai su que ce n'était pas une bonne nouvelle qu'elle s'apprétait à m'annoncer et qu'il allait falloir que je sois forte pour ne pas craquer au téléphone.

Il aura fallut vingt jours, une prise de sang (pourtant encourageante), une seconde échographie suivis d'une visite aux urgences gynécologiques et finalement une dernière écho pour apprendre que c'était fini pour eux aussi. Je m'étais préparée, mais je n'ai pas pu retenir mes larmes

Je sais ce que tu vis aujourd'hui et je pense à toi, à vous. Je sais que tu lis le blog et j'espère que tu ne m'en veux pas. Tu ne méritais pas cela non plus. J'espère que l'année 2017 sera plus clémente pour nous <3