Juste après l'interruption de grossesse, le gynécologue est passé nous voir Chaton et moi pour nous rassurer, nous dire que tout c'était bien déroulé ET qu'il ne voyait aucun inconvénient à ce que nous entreprenions une nouvelle grossesse dès mon retour de couche. Et c'est cette dernière information qui déclenche le plus gros dilemme et la prise de risque de ma part.

4 jours seulement après le curetage, Chaton et moi avons repris nos activités et bien que nous n'avons pas repris les essais à proprement parlé, nous n'avons en revanche rien fait pour nous prévénir d'une éventuelle grossesse. A l'écriture de cette article, Chaton est passé derrière moi et m'a dit "Pourquoi l'inconsciente c'est toi ?". Alors je lui ai expliqué que normalement on aurait du faire attention parce que je peux tomber enceinte avant mon retour de couche, qu'après le curetage  mon endomètre est fragile et que je pourrais faire une fausse couche. Il m'a demandé pourquoi je n'avais rien dit et je n'ai pas su quoi lui répondre.

Je n'ai probablement rien dit parce que ma tête est lourde et que je n'arrive plus à réfléchir de façon rationnelle. J'aurais du prendre rendez-vous  le lendemain de l'intervention pour un contrôle un mois plus tard mais je ne l'ai pas fait. J'aurais du me prévenir contre une grossesse pendant un mois, un tout petit mois, mais je ne l'ai pas fait...

La réalité c'est que j'ai besoin d'un espoir, j'ai besoin de retomber enceinte rapidement pour avoir un but, pour mettre cette grossesse interrompue derrière moi. Je n'oublierais pas, je ne veux pas oublier mais ma peine serait moins grande si on me faisait le cadeau d'un second enfant. Au lieu d'écumer les forums et blogs de deuils périnatals ce qui je l'avoue relève un peu du masochisme, je pourrais à nouveau visiter les sites édulcorés de maternité.

Mais sincèrement, est-ce que quelqu'un peut me promettre qu'en attendant un mois mes chances de mener cette grossesse à terme seraient de 100% ? Je ne crois pas...